Metronomy à Amsterdam pour Denim&Supply-Report

Tout d’abord, un grand merci à tous ceux qui sont passés par  GeekIsNotFreak pour liker la page Ralph Lauren Denim&Supply.

C’est donc grâce à vous que j’ai pu assister à la soirée de lancement de la collection Denim & Supply à Amsterdam. Un événement qui a rassemblé les fans de la marque, de France, d’Angleterre et de Navarre, ainsi que ses égéries.

Que dire à part : Amazing ?!

© Metronomy/Ralph Lauren

Metronomy, d’après mon expérience du groupe, se sent plus à l’aise dans les petites salles que dans les grands festivals. Et cela tombe bien. Car c’est dans une ambiance intimiste qu’ils ont chanté pour l’avènement du nouveau magasin au coeur de la ville.

Un groupe qui a vu sa formation doubler depuis 2009, passant de deux à quatre. Et quand on voit l’énergie et le plaisir  que Gbenga Adelekan, le bassiste, prend à jouer, l’on comprend qu’il a vraiment une grande place dans le groupe.

© Metronomy/Ralph Lauren

Une heure de concert, trop courte. Note, la reprise de She wants, qui, quelque peu accélérée, valait vraiment le détour.

© Metronomy/Ralph Lauren

Cette soirée fut aussi l’occasion de voir et de porter pour la première fois les produits Denim&Supply, qui se révèlent être d’un très bon rapport qualité-prix. Je ne suis toujours pas bloggeuse mode, aussi, je vous laisserai en juger par vous-même ici.

SebastiAn : Plus qu’un live. Un acte politique.

 

Certains artistes utilisent leur médiatisation pour soutenir le candidat politique de leur choix en période électorale. Hier, SebastiAn, dj membre du Ed Banger, est allé plus loin.

Résumer en une phrase la prestation de SebastiAn ? Un film en trois actes : l’élection, le mandat …et la chute, que je ne vous révèlerai point.

Un drapeau. Un pupitre. SebastiAn ouvre le bal par une reprise de la Marseillaise. De chaque coté de la scène, des affiches arborant un logo à multiples interprétations :

 

Ce « s » dans la  carte de France peut être perçu comme une simple mise en valeur de son initiale, venant soutenir le slogan « SebastiAn Président ». Mais cette lettre peut également illustrer, comme un sceau apposé sur le pays, le « règne » sarkozyste. Ainsi, l’affiche prend une toute autre signification si l’on prend en compte le « v » qui donne une dynamique vers la signature « SebastiAn » : ce dernier se poserait donc en opposant au pouvoir en place. Une interprétation plausible, notamment si l’ on couple ce logo avec les quelques images de notre président incrustées dans la vidéo qui défile (dont la fameuse poignée de main entre lui et George W. Bush.)

Un show dérangeant par sa force politique. Pour ma part, je l’ai perçu comme une révolte anti-capitaliste et comme une démonstration par l’exemple de la dangerosité de la montée des extrêmes, par la reprise des symboles du nazisme.

Car pris dans ses mélodies saturées qui participent à sa signature artistique, dans ses contre –temps qui nous tiennent en haleine ou encore son Dolami surprenant par sa très subtile inspiration 8 bits..oui, l’on se surprend effectivement à lever le poing lorsque le Président SebastiAn nous le demande.


Et pour appuyer son discours, SebastiAn délivre des slogans de propagande durant la première partie (dont un aussi cohérent que résonnant :  » pour bouger la France, votez SebastiAn »)  ainsi que des scènes de révoltes, à la limite de l’incitation à la violence. Perturbant. Vraiment.

Mais ceci n’est qu’une interprétation de sa prestation. Car le son est tellement bon et les références tellement nombreuses que même en faisant de son mieux, il est difficile de se concentrer sur la grille de lecture à apposer sur l’acte « sebastianesque »

Un artiste qui aura également dédié la soirée à  Dj Medhi, et rendu un hommage indirect à Gainsbourg, par sa manière d’être, sa provocation, et par le nombre de cigarettes grillées durant son live…

On lui reprochera sans doute d’avoir trop préparé certains titres, durant lesquels il ne mixera que peu..mais à sa décharge, pourquoi remixer encore et encore des morceaux complètement aboutis ?

ps : Merci encore @AudeFromParis pour l’invitation au festival Inrocks BlackXS

Denim & Supply la nouvelle collection de Ralph Lauren

 

Quand j’étais ado, je suis tombée raide dingue du pull Ralph Lauren qui arborait le drapeau américain… Maintenant je suis (un peu) plus grande, et continue de suivre la marque, qui, cette semaine nous présente sa nouvelle collection Denim & Supply. Une collection qui respire cette fois l’éclectisme et la créativité New Yorkaise.

En effet, ce sont des peintres, des poètes, des musiciens et des visionnaires new-yorkais qui ont inspiré Ralph Lauren. Des artistes. Des gens ultra-sensibles, avec le souci du détail, une certaine marginalité, une face mystérieuse et cachée, doublée d’une démarcation de la société, volontaire ou non.

Une collection qui transcrit donc l’état d’esprit et la manière d’être de l’artiste et de sa dualité.  Un brut travaillé, un habillé-décontracté, de l’esthétique-pratique … une « dissonante harmonie » aussi, qui explique sans doute en partie pourquoi Metronomy a été choisi pour représenter la marque.

Pardon ? « QUI est Metronomy ? » Vous plaisantez. A l’époque de la sortie de leur dernier album, j’avais écrit « Metronomy ou l’art des harmonies dissonantes » (article complet ici).

Depuis, le groupe a grandi. Je les ai revu tout d’abord aux Eurockéennes, sur la plage, devant non plus 200 mais 10 000 personnes. Le 15 Novembre, Metronomy quittera l‘hexagone pour un concert unique à Amsterdam : EN LIKANT page Facebook Denim & Supply, vous pouvez gagner 2 places pour le concert. Vous ne risquez rien, sauf de gagner, ALORS LIKEZ !!

 

Birdy Nam Nam dévoile son album « Defiant Order » aux Eurockéennes 2011

 


Quelques heures avant le concert, Thomas Parent, alias DJ Pone, me confie que « oui, malgré l’expérience, le trac reste intact »…d’autant que les Eurocks sont le « crash test » de Defiant Order, jusqu’alors jamais dévoilé au public.

Avec 15 minutes d’avance, mais une grande scène des Eurockéennes déjà saturée, les Birdy Nam Nam démarrent sur leur nouveau titre phare.
Petite digression pour ceux qui considèrent que les Birdy sont des dj’s « parmi tant d’autres » : outre leur expérience (ils ont gagné des DMC, concours de dj’s,  en individuels),  les Birdy Nam Nam ont une conception singulière de la musique électronique. De leurs vinyles et de leur platine, les Birdy jouent en effet comme d’instruments traditionnels. A ce titre, Birdy Nam Nam ne se compare pas à un « rassemblement » de dj’s autour de quatre platines. Il s’agit d’un groupe. D’un vrai groupe. Et si l’ordinateur est venu perturber les sonorités, ils continuent à prospecter, passant des heures à produire cliquetis et grésillements qui, une fois enregistrés, rentrent dans nos têtes pour ne plus jamais en sortir.

Retour sur la grande scène. Les Birdy Nam Nam sont là, devant un décor quelque peu mystérieux, comme crypté. Ces symboles, pour la plupart égyptiens, mettent sans soute en abîme les inspirations de l’album : à l’instar de ce peuple antique mais qui a toujours cherché à se dépasser, les Birdy Nam Nam font partie des « fondamentaux » de la scène électro. Comme eux, ils ne stagnent pas, mais découvrent des terrains inexplorés, pour nous livrer des produits finis longuement étudiés, carrés, et d’une beauté telle qu’on en oublie tout le travail  fourni en amont.


Oui, Defiant Order va vous surprendre : après un dernier album dancefloor produit par Yuksek, ces explorateurs de l’électro nous livrent ainsi un opus cette fois produit par Para One. Un album plus mûr, plus fouillé qui donnerait presque un coup de vieux à notre vénéré morceau « Abbesses », titre qui les a révélés au grand public en 2003 ( et remixé sur scène)

Mais surtout, il changent d’univers… pour délivrer des sonorités minimales. Si l’album ne propose pas uniquement ces sons épurés, qui nous plongent dans la frustration tant on attend qu’ils fassent exploser le son (qu’ils peuvent du reste en un instant faire virer en électroclash ) ils en demeurent la composante clé.

Difficile à croire ? Et pourtant… jugez par vous-mêmes :

Aussi, il ne faut le nier, d’aucuns, nostalgiques des violons (qui pourtant restent parfois en toile de fond) sortiront déçus de ce concert, ayant trouvé le style « dénaturé ». Une partie du public témoigne donc vraisemblablement d’une certaine incompréhension face à cet album moins accessible, mais  plus riche, mieux dosé et  encore plus fin.

Pour ma part, j’ai fini au cinquième rang enchantée par la prestation. (jouant au passage des coudes pour retrouver quelqu’un au milieu des 30 000 personnes puis hurlant sur un pote de collège tombé sur ma tête en ratant son slam… avis à ceux qui se reconnaîtront.)
Contrairement aux critiques entendues, je demeure persuadée que cet album marque le retour aux fondamentaux des Birdy Nam Nam.

Defiant Order s’inscrit dans la continuité de l’ADN du groupe et porte l’identité de ces musiciens aux valeurs fortes : innovation, savoir-faire, partage, passion, éclectisme.. et émotions.

Inutile de préciser qu’à 5h du matin, mon premier réflexe a été… d’acheter des billets pour le Zénith parisien du 19 novembre (ici)

Et pour finir…l’instant groupie :

Une soirée Ed Banger… électrique

Ed Banger ? Tu les as vu aux Eurockéennes non ? ..Oui… même ma mère est capable d’identifier ce label. Et pour cause. Ce label électro, apparu en 2002 est LE label français qui s’exporte le mieux au monde.  Un label fort qui a tout d’une marque : logo, communauté, page fans, partenariats, produits dérivés….et surtout, une signature artistique marquée pour ce label fermé : une douzaine d’artistes, sélectionnés dans les « Soirées Raclettes » de Pedro (terminologie made in Dj Mehdi, qui ne  développera pas plus le concept ^^ )

Qui pourrait croire qu’à sa tête, sous sa casquette, se tient Pedro Winter alias Busy P ? Je ne vous en épargnerai le portrait,  en vous renvoyant page 74 du Point de cette semaine ;)  Portrait simplement complet, qui fait le tour de la question et répondra à nombre de vos interrogations (dont bcp de réponses aux questions que je souhaitais poser à Pedro)

Après de nombreux jours d’attente simplement  intenable, c’est donc avec les yeux pétillants d’une enfant que j’ai eu la chance  assister à la soirée Ed Banger dans les studios Nova

Une soirée « Comme à la maison »  où les  artistes, lorsqu’ils ne jouaient pas au ping-pong ni n’échangeaient avec les convives,  balançaient du son très très lourd …

Une fois de plus parmi eux, Dj Mehdi, dj sexy aux gestes précis,  nous aura étonné par son éclectisme et ses variations, passant de bits hip hop à un set  à la limite du minimalisme

Tiens..des basses plus saturées..Serait-ce la Sebastian ? Non, c’est Feadz, ancien partenaire de choc  d’Ellen Allien, puis d’Uffie, et pourtant souvent effacé, qui nous démontra  combien sa place au sein du label est justifiée.. Puis place au maître, l’homme qui transforme tout en or et à l’actualité bien chargée, Pedro Winter en personne.

Il se fait tard…je me raisonne… je reste encore un peu..puis avec regrets, je pars. (et oui parfois il faut aussi penser aux lendemains et au travail…)

Mais pourquoi cette soirée ? Oui, le crew, comme les 6 autres labels invités dans le locaux de Nova tout le reste de la semaine,  s’est déplacé à l’occasion de la campagne Origami Orange, qui s’inscrit dans une volonté de fidélisation de la cible jeune urbaine.

Une technique de retransmission live de set qui n’a plus à faire ses preuves ; en témoignent les diverses opérations organisées par Spotify & les concerts du SFR lab.. et pour cause : la musique est l’un voire LE territoire préempté par la jeunesse ; marque identitaire de l’individu, fédère et organise les communautés. Un insight fort qui incite les marques de téléphonies à s’insérer sur ce créneau, tant dans les forfaits proposés que dans la communication

Après ses évènement Rockcorps, Orange s’investit donc peu à peu dans la musique avec ce dj set relayé sur les réseaux sociaux donc , en partenariat avec le label aux 147 000 fans FB sur une page non animée…mais pas seulement, car cette opé Origami n’en est  pas restée là

Sur le mini site dédié,Cassius propose en effet un jeu concours sous forme de  blind test faisant utiliser le téléphone…Une interaction avec la star qui pose cinq questions, quatre propositions.. puis un tirage au sort…

Un bon moyen donc de générer de adresse opt’in, de se déployer sur tous les points de contacts de la cible  sans perdre de vue la valorisation des activités d’Orange : la téléphonie. le MOBILE ..l’Internet…. tout en restant « Open » aux sons électriques de la ville…

Ps : merci @AnotherBiBuzz, alias Mister viral pour l’invit ;)

« Re » ps : malgré l’absence de Sebastian (vous l’aurez compris ce fut MA déception de la soirée), j’ai récolté une info importante : prochain album dans 2 petits mois.. un album promis à l’étonnement, avec un rythme plus lent..mais OUF, toujours autant de sons tiraillés et de basses saturées ;)

 

Metronomy, ou l’art des harmonies dissonantes

Un oxymore osé, me direz-vous ; un oxymore  reconnu musicalement qui m’est pourtant apparu comme évident une fois sortie de la Boule Noire, où leur dernier album nous a été présenté jeudi dernier

Un album qui confirme le style unique du groupe, tant dans les sonorités proposées que dans l’univers instauré.

En effet, ces accords, ce rythme binaire, a été joué des milliers de fois et à première vu ne surprend pas. Mais très vite, il est agrémenté d’instruments venus d’ailleurs : d’ une « sorte » de triangle onirique au « scratch » déstructuré d’une platine  ayant déraillé, ces petits ingrédients incorporés surprennent en contre temps, suspendent  le temps, bouleversent les accords et revisitent les classiques et les genres.

Chez Metronomy, le renversement récurrent des règles traditionnellement établies concerne non seulement les sons, mais aussi l’alliance des courants musicaux rassemblés dans un même album.

Ainsi,  alternatif, électro,  culture pop anglaise & même à présent des touches rock intensifiées se succèdent. Une  dissonante harmonie « filée » donc, sur le plan strictement musical, en ce sens qu’elle crée des accidents volontaires par une rencontre choc de cultures très distinctes, pour un résultat déroutant.

Apaisement. Excitation. Surprise. Joie. Euphorie. Mélancolie. Envie de danser, d’observer, de bouger, d’être transportée. Des sensations différentes au gré des enchaînements. Un jeu perpétuel de va et vient, de crescendo et de decrescendo. C’est ça Metronomy.

Mais la maîtrise de l’harmonie dissonante dépasse ce cadre pour s’inscrire dans les fondements même du groupe.

Un groupe réuni pour jouer, mais dont l’écriture n’est l’oeuvre que d’un seul homme, le chanteur. Un groupe « déséquilibré », où les artistes le composant ne sont que les marionnettes de son créateur ? Sur scène, il en ressort tout l’inverse.

A gauche, un robot lunaire, un homme sur son synthé, les yeux au ciel et qui, tout à coup, un brin illuminé, lève le bras, comme ça. Derrière, une femme à la batterie, pieds-nus, en autarcie dans sa bulle de son. Au centre, l’individu le moins marqué, Joseph Mount ;  un homme que l’on croiserait en cherchant son pain, l’air de rien, chaque matin. C’est à lui, le plus effacé,  que l’on doit Metronomy. Enfin, à droite, à la basse, une sorte de Steve Urkel des temps modernes (chemise à carreaux et lunettes, mais en plus beau).  Un black inspiré, aux gestes  vifs et saccadés … mais je vous laisse l’observer. (oui j’étais au premier rang..avec mon Iphone à une soirée Spotify+ Blackberry..Oups !)

 

 

Tiens.. ces lumières ressemblent à celles du dernier clip « she wants » (réalisé par nos deux français désormais célèbres , jul & mat) dans lequel l’harmonie dissonante s’exprime également : rêve et réalité, présent passé futur, sommeil et réveil s’affrontent au fil des secondes qui passent …

Metronomy – She Wants

Oui, ces jeux d’alliances créent un tout inattendu et pour le moins magique.. comme le QR code caché dans le clip…qui confirme la volonté de faire des dissonances une harmonie..& inversement


Metronomy – She Wants (Reverse)

ps : Merci encore à Alex,  qui m’a permis d’assister à cette soirée