Instagr.am, le monde & les marques

Pour les non initiés, la première partie du billet présentera de manière factuelle l’appli qui compte 4 employés pour 5 millions d’utilisateurs dans le monde

Pour les autres, passez les premières lignes ;)

Instagr.am c’est quoi ? Un réseau social sur mobile qui vous permet de partager des instants de vie avec vos amis. Un mix entre Flickr et Path en quelque sorte… Avec en plus la possibilité d’ajouter de nombreux filtres sur vos photos et de les géolocaliser. En somme, même le plus néophyte des photographes peut, grâce à instagr.am, faire illusion.

Mais instagr.am, c’est  aussi une occasion supplémentaire de faire du consommateur un évangélisateur. Des photos « émotionnelles » d’un événement, un partage d’une vraie expérience de marque,  avec une instantanéité sans pareil.

Ainsi, des associations ou salles d’expo-concert ont déjà profité de cette tendance pour développer leur visibilité. On pensera notamment à la Gaîté Lyrique, qui incite ses visiteurs à répertorier leurs photos sous des hastags (#) spécifiques.

Avec Topshop, la campagne de marque à même supplanté le simple relais événementiel.

Le dispositif ? Un couplage d’instagr.am avec Facebook pour un concours photos permettant de gagner… jusqu’à 1000 dollars, et des relais print..

Alors préparez vous…la petite bombe  qui va une fois de plus bouleverser les usages débarque pour de bon !

 

Une société pixellisée…

Le pixel est à l’image ce que l’atome est au corps : unité constitutive d’un tout, le pixel est fait pour vivre en groupe : l’image.

En creux, notre langage place une forme de vie dans le pixel :  si un unique pixel apparaît telle une tache sur notre écran, ne parle-ton pas en effet d’un pixel « mort » ?

D’un point de vue technologique, son encéphalogramme est déjà quasiment plat : plus la résolution de nos écrans augmente, plus le pixel se dissimule.

Mais sa voie d’extinction se limite à notre déficience visuelle : car si la technologie tend à le cacher, la société l’a adopté. Clips, pubs, noms de bar (qui réalise de très bon mojitos du reste) T-shirt, logos, rue, bijoux …le pixel est partout

C’est que le pixel fait écho à la société actuelle et à quelques unes de ses problématiques récurrentes

Le pixel est une forme basique, simple : cela tombe bien, la simplicité obtient toujours notre préférence : des systèmes intuitifs comme Apple, des objets qui nous obéissent au doigt et à l’œil (surtout au doigt) avec la domotique ou encore les tablettes tactiles

Le pixel à aussi un fort pouvoir émotionnel : par son apparente voie d’extinction, il nous ramène à l’époque de notre Apple Two (je vous assure j’ai connu), Attari, Nintendo et j’en passe. Or, pris dans la tornade de l’instantanéité, de l’insécurité, nous cherchons la rassurance dans les symboles de notre insouciance, régression, retour vers l’enfance. Oui, le pixel est sympathique et son apparition nous procure (du moins à nous les geek) un certain émerveillement

Si le jeu du pixel caché ou les Space Invaders nous amusent également , un des chefs de file du Pixel Art, Röhrer, met en lumière l’analogie suivante , très cohérente : photographie d’une époque, le Pixel Art pourrait bien être l’impressionnisme ou le pointillisme du XXI ème siècle

Enfin, comme l’être humain, le pixel peut également perturber l’écran et se révéler antinomique : il prend alors des airs de bug

Mystérieux, lunatique, se déplaçant seul ou en tribus, projeté dans l‘avenir mais plus à l’aise dans le passé, le pixel ne serait-il pas le parfait miroir de notre société ?

Quand les marques « technos » misent sur la symbolique du papier …

A l’heure du tout digital et du désamour du lectorat pour la presse traditionnelle, d’aucuns prononcent dors et déjà la mort  cérébrale du papier.

Presque classé parmi les espèces en voie de disparition, quelques marques, en France comme à l’étranger, tentent sa réintroduction dans un milieu pas naturel du tout : la technologie. Au premier rang, les marques de téléphonie et de l’automobile.

En utilisant la symbolique du papier, ces annonceurs RASSURENT sur la technologie. Ils amènent du CONCRET à leurs projets, développent LA PROXIMITE avec les marques et la composante AFFECTIVE avec ces dernières.

Audi exploite parfaitement cette richesse de la symbolique du papier :

Audi A7 -UK- « It’a real chance to create something original ». Telle est la signature d’Audi, fin octobre 2010. Une nouvelle Audi présentée comme un bijou de créativité, via une métaphore filée sur le potentiel de la feuille blanche : une liberté indéniable -

« Coucher ses pensées sur le papier ». Cette expression consacrée traduit la faculté du matériau à concrétiser la pensée. Cette communication appuie donc aussi la recherche et le travail fournis par les ingénieurs.  Un joli saut créatif pour parler technologie par cette  mise en abîme

De son côté, Orange exploite le caractère modulaire du papier, via ses offres Origami.  Sa dernière campagne, PaperQuest, intégre un dispositif physique qui incite les joueurs à chercher les Paper Toys dan la rue. Ces derniers concrétisent ainsi le dispositif & permettent le passage de la théorie à la pratique, créant le lien entre l’univers digital et le monde réel.

Nissan transforme son Murano en avion en papier, pour exprimer la maniabilité et  la liberté dans un univers enfantin (TBWA/CHIAT DAY, 2008, à voir ici).

J’éviterai d’évoquer l’annonceur « onmoney.com » qui joue sur la corde sensible du papier, la complexité de la paperasse ,pour vendre la simplicité de la digitalisation de la comptabilité (DDB Needham, 2000, ici)…

Rapport à l’enfance, passage à l’acte, métaphore de l’art, de la réflexion, de la liberté ou de la modularité…Le papier est mort ? Vive le papier.