
Quelques heures avant le concert, Thomas Parent, alias DJ Pone, me confie que « oui, malgré l’expérience, le trac reste intact »…d’autant que les Eurocks sont le « crash test » de Defiant Order, jusqu’alors jamais dévoilé au public.
Avec 15 minutes d’avance, mais une grande scène des Eurockéennes déjà saturée, les Birdy Nam Nam démarrent sur leur nouveau titre phare.
Petite digression pour ceux qui considèrent que les Birdy sont des dj’s « parmi tant d’autres » : outre leur expérience (ils ont gagné des DMC, concours de dj’s, en individuels), les Birdy Nam Nam ont une conception singulière de la musique électronique. De leurs vinyles et de leur platine, les Birdy jouent en effet comme d’instruments traditionnels. A ce titre, Birdy Nam Nam ne se compare pas à un « rassemblement » de dj’s autour de quatre platines. Il s’agit d’un groupe. D’un vrai groupe. Et si l’ordinateur est venu perturber les sonorités, ils continuent à prospecter, passant des heures à produire cliquetis et grésillements qui, une fois enregistrés, rentrent dans nos têtes pour ne plus jamais en sortir.
Retour sur la grande scène. Les Birdy Nam Nam sont là, devant un décor quelque peu mystérieux, comme crypté. Ces symboles, pour la plupart égyptiens, mettent sans soute en abîme les inspirations de l’album : à l’instar de ce peuple antique mais qui a toujours cherché à se dépasser, les Birdy Nam Nam font partie des « fondamentaux » de la scène électro. Comme eux, ils ne stagnent pas, mais découvrent des terrains inexplorés, pour nous livrer des produits finis longuement étudiés, carrés, et d’une beauté telle qu’on en oublie tout le travail fourni en amont.

Oui, Defiant Order va vous surprendre : après un dernier album dancefloor produit par Yuksek, ces explorateurs de l’électro nous livrent ainsi un opus cette fois produit par Para One. Un album plus mûr, plus fouillé qui donnerait presque un coup de vieux à notre vénéré morceau « Abbesses », titre qui les a révélés au grand public en 2003 ( et remixé sur scène)
Mais surtout, il changent d’univers… pour délivrer des sonorités minimales. Si l’album ne propose pas uniquement ces sons épurés, qui nous plongent dans la frustration tant on attend qu’ils fassent exploser le son (qu’ils peuvent du reste en un instant faire virer en électroclash ) ils en demeurent la composante clé.
Difficile à croire ? Et pourtant… jugez par vous-mêmes :

Aussi, il ne faut le nier, d’aucuns, nostalgiques des violons (qui pourtant restent parfois en toile de fond) sortiront déçus de ce concert, ayant trouvé le style « dénaturé ». Une partie du public témoigne donc vraisemblablement d’une certaine incompréhension face à cet album moins accessible, mais plus riche, mieux dosé et encore plus fin.
Pour ma part, j’ai fini au cinquième rang enchantée par la prestation. (jouant au passage des coudes pour retrouver quelqu’un au milieu des 30 000 personnes puis hurlant sur un pote de collège tombé sur ma tête en ratant son slam… avis à ceux qui se reconnaîtront.)
Contrairement aux critiques entendues, je demeure persuadée que cet album marque le retour aux fondamentaux des Birdy Nam Nam.
Defiant Order s’inscrit dans la continuité de l’ADN du groupe et porte l’identité de ces musiciens aux valeurs fortes : innovation, savoir-faire, partage, passion, éclectisme.. et émotions.
Inutile de préciser qu’à 5h du matin, mon premier réflexe a été… d’acheter des billets pour le Zénith parisien du 19 novembre (ici)
Et pour finir…l’instant groupie :
